La Grande Traversée commence !

20 Juillet – 2 Août 2023

Kilomètres parcourus : 14 775 km  |  Ours aperçus : 2  |  Orignaux aperçus : 2 | Rorquals aperçus : ∞

Le retour en ferry depuis Terre-Neuve ne s’est pas déroulé aussi bien que l’aller, je n’ai du dormir qu’à peine 1h sur les 7h de trajet. Je n’ai jamais trouvé une position confortable, que ce soit sur les fauteuils ou carrément par terre. Puis j’ai eu froid même avec la grosse couverture que j’avais prise, mon coussin était soit trop épais soit pas assez épais pour que ce soit agréable… Mais je suis de retour sur le “continent canadien”, bien arrivée à North Sydney en Nouvelle-Ecosse. J’entame la grande traversée du Canada. 

À partir de là, j’ai eu beaucoup de questionnement sur Que faire ? Et où aller ? Je savais où je voulais aller – le Manitoba – mais il y avait énormément de route possible à prendre : par le nord du Québec, repartir vers le sud de l’Ontario, visiter le sud de la  Nouvelle-Ecosse, passer par les USA, etc. Énormément de choses à visiter ou d’endroit à laisser de coté. J’ai fait le choix de ne pas aller dans le sud de la Nouvelle-Écosse et de me diriger directement vers le sud du Nouveau-Brunswick. Ça me donne une raison de revenir pour visiter Halifax et les petits villages alentours très mignons. La Baie de Fundy au Nouveau Brunswick était apparemment un incontournable. Je suis arrivée à Moncton, réputée pour son mascaret. Jolie rue principale mais le reste de la ville ne fait pas très envie ! Prête à voir le mascaret, entourée de plein de monde — fin juillet, c’est le pic de la saison touristique — je ne m’attendais à rien j’ai été quand même déçue ! La petite vague à contre courant est passée et puis… Voilà ! J’imaginais quelque chose d’un peu plus impressionnant. En plus l’eau était tout marron gadoueuse. 

Prochaine étape le parc national de la Baie de Fundy, lieu où il y a les plus grandes marées du monde.

Mais pareil j’ai été un peu déçue. Les sites étaient bondés de monde, surtout des touristes américains qui étaient là pour prendre des photos mais sans vraiment regarder autre chose que leur appareil photo. Ambiance très particulière !

Un petit arrêt à Saint John dans un hôtel pour mon anniversaire. La ville n’est pas très belle, très industrielle. C’est encore plus moche quand il pleut et qu’il y a du brouillard mais au moins j’ai bien pu profiter du spa ! Je dois dire que de ce côté là du Nouveau Brunswick, le seul endroit un peu sympa a été le village de St Andrews, à la frontière avec les États-Unis. Les maisons sont en briques, il y a un aspect ancien qui a été gardé et qui est très sympa. C’est un village de pêcheur avec des très bons produits dans les restaus ! En plus, des biches sauvages se baladent dans les rues. 

Je continue mon périple jusqu’à Québec Ville — en passant par le pont couvert le plus long du monde. Petit détour pour une architecture simple mais intéressante ! Et bien pratique en hiver. 

La ville de Québec est toujours aussi sympa, c’est super agréable de se balader dans les petites rues au soleil de cet fin juillet. Ah ! J’ai parlé trop vite. Un immense orage nous tombe dessus. Je suis trempée de la tête aux pieds. Les rues deviennent (presque) des torrents. Je voulais flâner dans les rues piétonnes, c’est loupé. En attendant que ça se calme, j’ai pu faire des belles photos. 

Je quitte Québec pour Mont-Tremblant, station de ski très connue située dans les Laurentides au dessus de Montréal. En été comme en hiver, ce lieu est très prisé pour les amateurs d’activités en plein air.

Et que de monde ! Le village en bas de la station était noir de monde. J’avais l’impression d’être dans le métro parisien en heure de pointe. On était tous à touche touche. Heureusement, une fois arrivée sur un petit sentier pour monter en haut de la station il n’y avait plus grand monde. Peu de gens entreprennent de monter à pied. D’en haut la vue est magnifique. Et comme à chaque fois, je me demande comment c’est en hiver… Les paysages doivent complètement changer. 

Je repars rapidement le lendemain, j’ai de la route à faire ! Je passe par le Val d’Or sans vraiment m’arrêter (seulement pour dormir), il n’y a pas grand monde sur la route sauf de gros camions américains, quelques pick-ups et autres caravanes.

Après une journée de voiture, je suis de retour en Ontario mais très loin de Toronto. L’Ontario du nord est très different comparé au sud. Il n’y a que des arbres, une ou deux routes et des villes qui ne donnent pas envie d’y habiter.

Je m’arrête à Timmins, grande ville minière du Nord-Est de l’Ontario, pour faire les courses et autres réjouissances. La ville me fait penser à certaines villes américaines reculées que l’on peut voir dans des reportages ou des films/séries. Il n’y a pas grand chose à part des chaines de magasins, des parcs qui donnent pas très envies et des habitations qui font assez anciennes. En me rendant dans un café, je suis assez surprise d’entendre des mots français. En effet, il y a une grande communauté francophone dans le nord de l’Ontario dont j’ignorais totalement l’existence. L’accent est encore pire que le québécois rural, je ne comprends absolument rien aux conversations autour de moi sauf quelques mots de temps en temps (qui me prennent bien 2 minutes à déchiffrer). Heureusement personne n’a essayé de me parler en français, j’aurais eu l’air bien gênée ! Je continue la (seule) route au milieu des pins et autres arbres.

Il est bien de mentionner qu’il est (très) facile de conduire au Canada, les longues distances se font sans trop réfléchir. Il suffit juste de ralentir en arrivant dans une ville et s’arrêter au feu. Il n’y a pas de rond point partout et très peu de changement de vitesse sur les routes. Le seul moment où il faut être attentif c’est au moment de changement de province. Par exemple, la vitesse maximale sur les Highways (on traduirait autoroutes, mais ça ressemble plutôt à des routes nationales de chez nous. Elles sont quasiment toutes gratuites, je n’ai jamais eu à payer un péage) au Nouveau Brunswick est de 110, au Quebec de 100 et en Ontario de 90. Il y a aussi une vitesse tolérée, qui est quasiment dans toutes les provinces 15km/h au dessus de la vitesse maximale autorisée. Tous les camions roulent à la plus haute vitesse tolérée, la plupart sont payés au kilomètre et non à l’heure. 

Après 2 jours et demi en Ontario à rouler 5-6h/jour, j’arrive enfin a Thunder Bay. J’ai presque fini la traversée de l’Ontario, la province la plus large du Canada (c’est la deuxième plus grande après le Quebec, sans compter les 3 territoires canadiens). Il me reste encore une journée de route avant d’arriver au Manitoba !

On ne blague pas sur les longues distances ici.